Par jpoggio - 17-03-2026 21:00:50 - 7 commentaires
PARTIRAI
Ouand n'auràs pron de la bolhaca
que mangères trenta ans de tèmps,
quand saupràs que plus rèn estaca
ma vida e ton printèmps.
Alòr, amé lo melicòs sorire
d'un darrier solac,
pèr novelum, m'escotaràs ti dire
de ti virar d'un autre latz.
Partirai. Amé mon baston de rota,
emportarai ta votz dins un bueu
pèr rementar la jòia rota
de quand aviau lo sacrebieu.
A l'èstra de ta blanca bastida,
monte d'únei vendràn mielhs t'enaurar,
regarda fugir la negra finida
de ton bèl espelhandrat.
Jòrgi Reboul, 1935.
Mon père nous a quittés hier soir, au terme de longues semaines d'extinction progressive. Jòrgi Reboul fut son mentor dans le militantisme occitaniste et reproduire ses mots extraits du recueil "Terraire Nòu" est mon témoignage de cette amitié.
Kudos à Le Chat pour la traduction, presque sans erreurs (ici corrigées lorsqu'elles étaient à ma portée)
**Je partirai**
Quand tu n’auras plus de bouillie,
Que tu mangeras trente ans de temps,
quand tu sauras que plus rien n’arrête
ma vie et ton printemps,
alors, avec le sourire mélancolique
d’un rayon de réconfort,
pour la nouvelle lune, tu m’entendras te
parler d’un autre âge.
Je partirai. Avec mon bâton de roseau,
j’emporterai ta voix dans un flacon
pour me souvenir de la joie rose
de quand nous debordions de vie.
À l’est de ta blanche bastide,
des nuées de rêves viendront mieux t’honorer,
je verrai fuir la noire blessure
de ton bel espoir.
Par jpoggio - 09-03-2026 10:21:06 - 3 commentaires
Le concept de "voisin vigilant", tel que décliné dans l'ambiance salement droitarde des Bouches-du-Rhône, tend à m'irriter profondément.
Toutefois, il en est une déclinaison, particulièrement active dans ma rue, à laquelle j'adhère volontiers : il montait d'ailleurs une garde attentive devant les places de stationnement, le long d'un mur qui emmagasine la chaleur du rayonnement solaire.